Il me semble que la notion de partage est au coeur des enjeux de la pérennité de nos civilisations. Que ce soit au niveau individuel comme collectif, citoyen comme national et international.
Pourquoi ?
Nous avons tous besoin de partager et nous sommes « obligés » de partager
1—Le partage : le Besoin, l'envie :
Cette notion est relativement simple. Sans l'autre, je ne suis rien. Je dois pour m'épanouir, partager ma vie, mes expériences, etc. avec les autres. Mais très vite, des autres, nous n'en voulons plus, ou en voulons moins, ou encore en voulons « mieux ». J'ai envie de partager avec un tel, mais pas avec tel autre... On le voit bien, l'envie de partager à ses limites : comment partager ? Avec qui ? Partager quoi ? Combien partager ? Jusqu'où partager ?...
L'homme est égoïste par instinct. Ne parlons pas de nature humaine, car pour beaucoup de philosophes et anthropologues, il n'y a pas de « nature humaine »... selon eux, nous sommes ce que nous voulons être, devenir. Nous sommes tous capables, contrairement aux animaux, de transcender nos instincts. Cependant comme les lions, nous ne partageons pas les carcasses « instinctivement » dans le sens premier du terme. Nous seuls pouvons cependant apprendre à le faire et découvrir ses vertus.
Notre instinct d'accouplement, de regroupement n'est pas du partage, mais simplement notre instinct qui parle. Le vrai partage va au-delà, car il s'enseigne, s'expérimente et se « travaille »...et quiconque ne le fera pas s'exposera un jour ou l’autre à son manque de « travail » pour supporter la nécessité « obligée " de partager. De là naîtront frustration, incompréhension et finalement haine de « l'autre ».
Pourquoi devons-nous un jour ou l'autre être amenés à partager si nous ne le voulons pas ?
2- Le partage : La nécessité, l'obligation:
Nous devons partager notre vie, notre espace, notre temps avec les autres. Quand bien même nous ne le souhaitons pas, nos voisins, nos amis, nos parents, nos collègues, des inconnus vivent eux aussi « autour » de nous. En voiture, en course, en vacances, au travail, nous devons partager notre temps et notre espace avec les autres. Chercher à s'isoler dans le Larzac ou ailleurs n'est pas la solution finale pour tout un chacun. Seuls quelques privilégiés le pourront et surtout le voudront. Car la solitude est une amie dont très peu peuvent finalement se suffire et supporter.
De même si pour quelques nantis, l'espace et le temps sont bien là à foison, s'entourer et bien s'entourer est un luxe rare et que l'argent ne peut bien évidemment acheter. Qu'elle soit bulle de savon, de verre ou d'or, l'isolement à ses limites, ses frontières...
Alors il faut bien raisonner à long terme, durablement. Pouvons-nous rester entourer que d'un petit cercle privilégié et suffisant ?...
Pouvons-nous répondre oui sincèrement ?
Rester dans une bulle fermée aussi grande soit-elle consiste immanquablement à s'isoler du reste du monde par une frontière sur laquelle un jour ou l'autre, à un endroit ou à un autre nous tomberons...le voulons-nous vraiment ?...Encore une fois, à part quelques irréductibles la majorité ne renoncera pas à aller voir ailleurs et donc à rencontrer d'autres ailleurs, d'autres « autres... Ainsi, nous voyons bien que pour notre propre recherche de bonheur, jamais nous n’accepterons de limiter cette frontière.
Mais il y a encore deux possibilités lorsque l'on cherche à étendre sa "vie "dans l'espace et dans le temps....Vous pouvez en effet partir, loin, et aller découvrir les "autres"en croisière et voyage organisé. Ainsi vous allez en effet découvrir des gens formidables et des environnements nouveaux... En êtes-vous bien si sûr ?...y aura-t- il vraiment de la nouveauté ?...Ne croyez vous pas que dans cet avion qui vous amène au bateau, dans ce bateau qui vous amène "ailleurs", dans ce parcours bien balisé par vos GO vous allez découvrir autre chose ?...Ne vous est il pas d'ailleurs arrivé de croiser une connaissance "par hasard"sur ce même voyage, une personne ou un couple habitant justement dans le même pâté de maisons que vous et avec qui vous aurez sacrement bien rigolé durant tou ce voyage et vous êtes bien juré de vous revoir par la suite ?...
Qu'avez-vous partagé avec eux ? Qu’avez-vous découvert sur vous-même ? Qu’avez-vous découvert des "autres" ? Pouvez-vous parler de l'enrichissement de ce voyage ?
Mais alors encore une fois, s'il nous faut apprendre à partager...comment? Combien, jusqu'où ?...
Qui peut répondre ?...l'économie, le droit, la politique, la morale, le religieux ?..Où est la "vérité" ?
Si "instinctivement" nous sentons qu'il n'y a pas de vérité, nous en déduisons immédiatement l"injustice" du partage. Untel donne moins que moi, je n'ai pas le sentiment d'avoir assez en "retour", le droit et la politique qui me sont ordonnée me semblent injustes et défectueux, etc.
On le voit bien, ni l'économie, la politique, le droit et la religion ne pourront se substituer à mon propre ressenti. Au final je reste le seul juge qui inconsciemment ou non "qualifiera" le partage en question.
Il s'agit donc bien de la morale, propre à chacun qui nous donnera le LA. Nous serons en accord avec le parage que si notre morale s'en accorde.. Mais ce sentiment du "juste" partage se construira également sur nos connaissances et vision du monde tant économique, de légale politique...bref, nos opinions sur le monde et sur ce qu'il convient de faire en terme de partage pour notre propre salut et celui des autres.