Il me semble que la notion de partage est au coeur des enjeux de la pérennité de nos civilisations. Que ce soit au niveau individuel comme collectif, citoyen comme national et international.
Pourquoi ?
Nous avons tous besoin de partager et nous sommes « obligés » de partager
1—Le partage : le Besoin, l'envie :
Cette notion est relativement simple. Sans l'autre, je ne suis rien. Je dois pour m'épanouir, partager ma vie, mes expériences, etc. avec les autres. Mais très vite, des autres, nous n'en voulons plus, ou en voulons moins, ou encore en voulons « mieux ». J'ai envie de partager avec un tel, mais pas avec tel autre... On le voit bien, l'envie de partager à ses limites : comment partager ? Avec qui ? Partager quoi ? Combien partager ? Jusqu'où partager ?...
L'homme est égoïste par instinct. Ne parlons pas de nature humaine, car pour beaucoup de philosophes et anthropologues, il n'y a pas de « nature humaine »... selon eux, nous sommes ce que nous voulons être, devenir. Nous sommes tous capables, contrairement aux animaux, de transcender nos instincts. Cependant comme les lions, nous ne partageons pas les carcasses « instinctivement » dans le sens premier du terme. Nous seuls pouvons cependant apprendre à le faire et découvrir ses vertus.
Notre instinct d'accouplement, de regroupement n'est pas du partage, mais simplement notre instinct qui parle. Le vrai partage va au-delà, car il s'enseigne, s'expérimente et se « travaille »...et quiconque ne le fera pas s'exposera un jour ou l’autre à son manque de « travail » pour supporter la nécessité « obligée " de partager. De là naîtront frustration, incompréhension et finalement haine de « l'autre ».
Pourquoi devons-nous un jour ou l'autre être amenés à partager si nous ne le voulons pas ?
2- Le partage : La nécessité, l'obligation:
Nous devons partager notre vie, notre espace, notre temps avec les autres. Quand bien même nous ne le souhaitons pas, nos voisins, nos amis, nos parents, nos collègues, des inconnus vivent eux aussi « autour » de nous. En voiture, en course, en vacances, au travail, nous devons partager notre temps et notre espace avec les autres. Chercher à s'isoler dans le Larzac ou ailleurs n'est pas la solution finale pour tout un chacun. Seuls quelques privilégiés le pourront et surtout le voudront. Car la solitude est une amie dont très peu peuvent finalement se suffire et supporter.
De même si pour quelques nantis, l'espace et le temps sont bien là à foison, s'entourer et bien s'entourer est un luxe rare et que l'argent ne peut bien évidemment acheter. Qu'elle soit bulle de savon, de verre ou d'or, l'isolement à ses limites, ses frontières...
Alors il faut bien raisonner à long terme, durablement. Pouvons-nous rester entourer que d'un petit cercle privilégié et suffisant ?...
Pouvons-nous répondre oui sincèrement ?
Rester dans une bulle fermée aussi grande soit-elle consiste immanquablement à s'isoler du reste du monde par une frontière sur laquelle un jour ou l'autre, à un endroit ou à un autre nous tomberons...le voulons-nous vraiment ?...Encore une fois, à part quelques irréductibles la majorité ne renoncera pas à aller voir ailleurs et donc à rencontrer d'autres ailleurs, d'autres « autres... Ainsi, nous voyons bien que pour notre propre recherche de bonheur, jamais nous n’accepterons de limiter cette frontière.
Mais il y a encore deux possibilités lorsque l'on cherche à étendre sa "vie "dans l'espace et dans le temps....Vous pouvez en effet partir, loin, et aller découvrir les "autres"en croisière et voyage organisé. Ainsi vous allez en effet découvrir des gens formidables et des environnements nouveaux... En êtes-vous bien si sûr ?...y aura-t- il vraiment de la nouveauté ?...Ne croyez vous pas que dans cet avion qui vous amène au bateau, dans ce bateau qui vous amène "ailleurs", dans ce parcours bien balisé par vos GO vous allez découvrir autre chose ?...Ne vous est il pas d'ailleurs arrivé de croiser une connaissance "par hasard"sur ce même voyage, une personne ou un couple habitant justement dans le même pâté de maisons que vous et avec qui vous aurez sacrement bien rigolé durant tou ce voyage et vous êtes bien juré de vous revoir par la suite ?...
Qu'avez-vous partagé avec eux ? Qu’avez-vous découvert sur vous-même ? Qu’avez-vous découvert des "autres" ? Pouvez-vous parler de l'enrichissement de ce voyage ?
Mais alors encore une fois, s'il nous faut apprendre à partager...comment? Combien, jusqu'où ?...
Qui peut répondre ?...l'économie, le droit, la politique, la morale, le religieux ?..Où est la "vérité" ?
Si "instinctivement" nous sentons qu'il n'y a pas de vérité, nous en déduisons immédiatement l"injustice" du partage. Untel donne moins que moi, je n'ai pas le sentiment d'avoir assez en "retour", le droit et la politique qui me sont ordonnée me semblent injustes et défectueux, etc.
On le voit bien, ni l'économie, la politique, le droit et la religion ne pourront se substituer à mon propre ressenti. Au final je reste le seul juge qui inconsciemment ou non "qualifiera" le partage en question.
Il s'agit donc bien de la morale, propre à chacun qui nous donnera le LA. Nous serons en accord avec le parage que si notre morale s'en accorde.. Mais ce sentiment du "juste" partage se construira également sur nos connaissances et vision du monde tant économique, de légale politique...bref, nos opinions sur le monde et sur ce qu'il convient de faire en terme de partage pour notre propre salut et celui des autres.
dimanche 7 novembre 2010
mercredi 27 octobre 2010
Les trois Rois...
Il était une fois une Princesse dénommée Egoya et ses trois Rois prétendant : Pensarero, Dicerero et Agerero. Tous habitaient le même royaume. La Princesse les rendait tous fous d'amour. . . mais la Princesse elle, ne savait lequel choisir. Si chacun lui plaisait certes beaucoup, aucun ne parvenait malgré ses efforts à la combler de bonheur. Le Roi Pensarero avait certes un esprit très brillant. Elle se délectait également des récits et des vers dont le Roi Dicerero l'abreuvait avec délectation. Quant au Roi Agerero, il l'impressionnait par ses nombreuses batailles victorieuses.
Mais voilà, elle était indécise et insatisfaite par chacun. Cette situation la minait: «Les Rois agacés finiraient bien par se faire la guerre.....je dois trouver une solution» pensait-elle.
Aussi, un beau jour, elle les convoquât et leur dit :
"Je ne peux choisir entre vous trois et vous le savez bien. Mais sans vous trois je serais perdue et désespérée. Vos querelles m'attristent et de jour en jour je dépéris. Nous n'avons pas le choix, nous devons tous nous aimer et pouvoir vivre ensemble : voilà mon voeu le plus cher. Je vous demande d'y réfléchir et de venir m’exposer votre proposition pour enfin conclure une alliance nouvelle."
Les trois Rois repartir consternés par ce dilemme qui les attendaient. Devant cet ultimatum qui leur était commandé, ils enrageaient et pestaient les uns contre les autres. Les injures fusaient :
- "Misérable beau parleur, comment peut-elle te vouloir toi qui n'as gagné aucune bataille et ne sais pas réfléchir ?" dirent les Rois Pensarero et Agerero au Roi Dicerero.
- "Minable brute épaisse, comment peut-elle te vouloir toi qui ne sais pas cogiter et parler encore moins ?" dirent les Rois Pensarero et Dicerero au Roi Agerero.
- "Incapable fainéant, comment peut-elle te vouloir toi qui ne sais rien faire de tes dix doigts et ne dis jamais rien ?" dirent les Rois Agerero et Dicerero au Roi Pensarero.
Il était clair qu'ils avaient une piètre opinion les uns des autres et qu'il leur était difficile de collaborer. Le dialogue serait délicat à établir.
Alors pendant que les Rois Dicerero et Agerero se lamentaient et noyaient leur chagrin à leur façon, palabrant pour le premier et guerroyant pour le second, le Roi Pensarero lui, bien que désespéré par cette situation, ne put s'empêcher de cogiter sur ce problème à résoudre. Après plusieurs jours d'intenses réflexions, il finit par établir le postulat suivant et convoqua les deux autres Rois pour le leur présenter :
Voilà ce qu'il dit :
Nous aimons tous les trois la même femme. Nous ne nous aimons pas tous les trois. Nous ne voulons pas partager cette Princesse si chère à nos yeux, car nous voulons tout d'elle pour nous tout seul. Notre instinct nous commande, nous ne pouvons le réprouver, il faudra faire avec. Cependant, condamnés que nous sommes à vivre ensemble et à partager, nous sommes finalement condamnés à apprendre à nous respecter. Pour cela, il nous faut mieux nous connaitre, car il me semble en effet, que nous nous connaissons mal.
Ainsi toi Roi Dicerero, je sais qui tu es, car du dis qui tu es. Mais je ne sais ce que tu penses et ne vois ce que tu fais. Je ne te connais donc pas totalement.
Aussi toi Roi Agerero, je sais qui tu es, car tu es ce que tu fais et fais ce que tu es. Mais je ne sais ce que tu penses et n'entend ce que tu dis.
De même, vous ne pouvez me connaitre, car je ne dis et ne fais ce que je pense.
Chacun de nous ne pourra maîtriser mieux que l'autre son savoir et savoir-être. Aussi conjuguons nos sciences, restons bons amis et mettons en place le plan suivant que je vous propose :
Le Roi Pensarero alors proposa le projet suivant :
Voilà ce qu'il dit :
Nous aimons tous les trois la même femme. Nous ne nous aimons pas tous les trois. Nous ne voulons pas partager cette Princesse si chère à nos yeux, car nous voulons tout d'elle pour nous tout seul. Notre instinct nous commande, nous ne pouvons le réprouver, il faudra faire avec. Cependant, condamnés que nous sommes à vivre ensemble et à partager, nous sommes finalement condamnés à apprendre à nous respecter. Pour cela, il nous faut mieux nous connaitre, car il me semble en effet, que nous nous connaissons mal.
Ainsi toi Roi Dicerero, je sais qui tu es, car du dis qui tu es. Mais je ne sais ce que tu penses et ne vois ce que tu fais. Je ne te connais donc pas totalement.
Aussi toi Roi Agerero, je sais qui tu es, car tu es ce que tu fais et fais ce que tu es. Mais je ne sais ce que tu penses et n'entend ce que tu dis.
De même, vous ne pouvez me connaitre, car je ne dis et ne fais ce que je pense.
Chacun de nous ne pourra maîtriser mieux que l'autre son savoir et savoir-être. Aussi conjuguons nos sciences, restons bons amis et mettons en place le plan suivant que je vous propose :
Le Roi Pensarero alors proposa le projet suivant :
Nous ne pouvons vivre les uns avec les autres…mais nous pouvons peut-être cohabiter... ensemble et intelligemment. La Princesse a besoin de nous et nous avons besoin d'elle. Nous devons coopérer et nous unir. Sans pour autant vivre tous les trois ensemble, chose dont nous sommes bien incapables, nous devrons seulement nous rencontrer pour échanger un minimum ensemble, mais pas trop longtemps sous peine de conflits évidents. Ainsi chacun se verra être le seul aimé à ses yeux et notre Princesse Egoya sera toujours heureuse de nous voir ainsi épanouis. Nous irons la voir à tour de rôle, mais dans le meilleur ordre qui soit, afin que notre Princesse ait l'impression que nous ne formions plus qu'un. Ainsi, son bonheur sera parfait et le notre comblé.
L'ordre des visites chez la Princess fût ainsi établi. Le Roi Pensarero serait le premier. Il établirait avec la Princesse ses projets du Royaume. Ensuite le deuxième Roi Dicerero viendrait lui présenter les plans élaborés sur les instructions du premier et la ravirait de ses récits exaltants. Enfin le troisième Roi Agerero accomplirait ses projets et viendrait lui rendre compte de son oeuvre.
Tel fut dit, tel fut fait. La Princesse Egoya comblée accepta leur proposition. L'équilibre et l'harmonie entre ses trois Rois lui permettaient désormais d'envisager un avenir épanouissant et radieux.
Il est dit que depuis, dans le Royaume d'Egoya, il y eut beaucoup d'enfants Rois ayant tous par miracle les qualités des trois Rois réunis.
Il est dit que depuis, dans le Royaume d'Egoya, il y eut beaucoup d'enfants Rois ayant tous par miracle les qualités des trois Rois réunis.
jeudi 19 août 2010
Comment supporter les "autres" ?....
Qui n'a pas eu envie un jour de casser la figure à untel parce qu'il n'était pas de votre avis, parce que sa tête ne vous revenait pas, parce que ses propos vous mettaient hors de vous ? etc.
Qui ne s'est pas vu irrité (voir plus) des conflits internes chez des groupes de mêmes pensées (politiques, écologistes, ...) qui à notre grand désarroi ne parlent pas d'une seule voie au "public" , le laissant dans ses doutes tant sur les propos tenus que sur la crédibilité des intervenants et de leur groupe...
Comment vivre au mieux le(s) désaccord(s) entre nous ?
Comment peut-on rester tolérant et respectueux les uns envers les autres malgré nos désaccords?
Le désaccord peut-il déboucher tout de même sur une bienveillance et épanouissement constructifs pour chacun des protagonistes ?
Pourquoi cette pulsion ? Comment expliquer cette réaction de violence verbale ou physique qui vous monte au nez comme une bouffée de chaleur ?
Il me semble que cette réaction est de même nature lorsque vous voulez convaincre quelqu'un et que celui-ci loin de poursuivre l'argumentation botte en touche, voir vous rit au nez.
Quel sentiment suffisamment fort alors rentre en jeu en votre for intérieur pour ressentir une subite pulsion de violence et de rage ? Est-ce le sentiment d'incompréhension? d'injustice? de non-reconnaissance ?...
Sans doute un peu de tout cela.
Mais ne pas être d'accord avec une personne, ne pas s'entendre avec une personne, ne pas supporter l'autre et en venir à en souffrir (car cette pulsion de violence est une souffrance en nous) n'est-il pas un aveu de faiblesse justement parce que nous ne somme pas "armés" contre cette impuissance et que donc nous prenons des coups ?
Quelles seraient les attitudes possibles en pareil cas :
La fuite
Le combat
L'indifférence
La fuite risque de nous "interpeller" plus tard, et nous ramener tôt ou tard à des remords ou regrets. Bref une culpabilisation de soi.
L'indifférence certes, mais du coup cela dénoterait une coupure des relations et plus généralement une coupure du monde.
Reste le combat qui ne peut être que physique ou verbal.
Sommes nous donc bien armés pour ce dernier ?
Ne parlons pas ici du combat physique qui comme l'on sait ne mène nulle part sinon à l'hôpital ou en prison au mieux à la morgue au pire....quoi qu'une bonne tarte...des fois ?...
Cela nous renvoie d'ailleurs à nos enfants, avec la fameuse fessé...suite du débat ?..
Cela nous renvoie d'ailleurs à nos enfants, avec la fameuse fessé...suite du débat ?..
Il reste donc le combat verbal. Celui-ci risque dans beaucoup de cas d'être inégal... barrière de la langue, de la culture etc... contre cela nous ne pourrons y faire grand chose et donc resterons sur une incompréhension mutuelle de façade, de forme donc car cela n’exclut pas finalement d’être d'accord sur le fond bien souvent. Il s’agit bien souvent au contraire de petits détails de formes qui par effet d’accumulation finissent pas rendre « fou » ..
Quand le niveau de langage est concordant et que le désaccord persiste lorsque la "rencontre" prend fin... alors ce fameux sentiment de révolte nous gagne là aussi...
Que nous disons-nous dans ce cas précis ?
Après un bon moment de rumination sur la "bêtise " et l'erreur de l'autre...n'en venons-nous pas finalement à nous auto évaluer sur cet "échange" ?....n'apparaît-il pas des "j'aurais dû lui dire ceci quand il m'a dit cela...", des "et puis d'abord qui est-il pour me dire...."
Après un bon moment de rumination sur la "bêtise " et l'erreur de l'autre...n'en venons-nous pas finalement à nous auto évaluer sur cet "échange" ?....n'apparaît-il pas des "j'aurais dû lui dire ceci quand il m'a dit cela...", des "et puis d'abord qui est-il pour me dire...."
Nous en venons en effet à nous "réprimander" personnellement de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir été "bon", bref, d'avoir été mauvais !
Mais une autre voie est celle ou vous ne vous reprochez rien du tout finalement. Vous vous dites..."pufff, quel c..celui-là" et puis retournez tranquillement à vos occupations sans que plus rien ne refasse surface...en surface me direz-vous peut-être...
Vous restez donc ici sur vos positions et le "regard" de l'autre ne vous fera jamais changer d'avis ni provoquer une quelconque remise en question. Vous refuser finalement le conflit.
Dans le premier cas (rumination), il y a souffrance "post" rencontre et le doute s'installe
Dans le deuxième cas (fuite du conflit), il y a tension, stress momentané mais aucune transformation ne s'opère par la suite.
Quelles sont les conséquences de ces 2 postures ?
La première peut être "dangereuse" pour l'individu car rester sur un "échec" n'est jamais bon...on finit par "ravaler sa salive" et l’on garde ainsi enfoui en soi de la frustration qui tôt ou tard fera des dégât (psychanalyse...psychopathologie...)
La deuxième peut être aussi dangereuse car nous restons "ignorants" finalement des visions et compréhensions d'autrui. Cela peut déboucher à force sur un certain obscurantisme qui nous mène tout droit dans l'isolement et le renfermement sur soi. Bref une vie recluse sur ses pensées, sa vérité, sa propre ignorance.
Il est donc important d'échapper à ces 2 attitudes destructrices l'une comme l'autre...
Quelles peuvent en être les alternatives ?
`
Dans le premier cas, le doute est une bonne chose car il permet de se remettre en question et donc d'évoluer. Mais l'excès de doute est nuisible car il paralyse l'action et la pensée. Il faut donc l'accepter mais aussi le transcender... bref, savoir accepter l'opinion de l'autre, ses différences sans pour autant remettre les nôtres à plat.
Dans le deuxième cas, il faudra faire preuve d'humilité et reconnaître que la vérité n'existe pas et quelle est tout aussi "chez" vous que chez l'autre...
En somme tolérance, humilité, « depassionnement », écoute (active), argumentation... sont les clés pour "supporter" l'autre, "bien" vivre le désaccord inévitable voir salutaire et se supporter soi-même par retour... un point est sûr : cultivons notre jardin et notamment notre « langue » pour pouvoir poursuivre le débat et remporter si possible ces "batailles " de tous les jours pour sortir l’un comme l’autre vainqueur car enrichis par nos échanges.
Bibilographie :
Oui au retour de l’engueulade !
source : Psychologie magazine :
invités : Alain Bentolila son livre La Perversion ordinaire, vivre ensemble sans autrui (Denoël, 2007) &. Professeur de linguistique à l’université Paris-Descartes, il est l’auteur du Verbe contre la barbarie, apprendre à nos enfants à vivre ensemble (Odile Jacob, 2007).
invités : Alain Bentolila son livre La Perversion ordinaire, vivre ensemble sans autrui (Denoël, 2007) &. Professeur de linguistique à l’université Paris-Descartes, il est l’auteur du Verbe contre la barbarie, apprendre à nos enfants à vivre ensemble (Odile Jacob, 2007).
lundi 9 août 2010
Ressources humaines, ressources naturelles...mêmes dangers, mêmes solutions ?...

Nos relations au travail ont changées tout comme nos relations dans le travail. Laissons de côté la période de l'avant seconde guerre mondiale. Les trente glorieuses ont vu quant à elles l'arrivée du plein emploi où l'offre était globalement supérieure à la demande. Dans ce contexte, la gestion de l'humain dans l'entreprise était relativement simple car chacun (employeurs comme employés) y trouvait finalement son compte. De même pour la gestion des ressources naturelles : pas de pénurie, de l'abondance. Conclusion, pas d'externalités négatives "apparentes" dans les deux cas. (1) Bref, la gestion des ressources en général se faisait d'elle-même pourrait-on dire. On restait car le salaire et les promotions étaient au rendez vous, on partait le cas échéant, trouver une herbe plus verte dans l'entreprise voisine. Point de bulle de stress psychologique à l'horizon, point de bulle de stress sur les écosystèmes. Si la pression était trop forte on allait voir/prélever ailleurs. Sans doute le paradis du système économique capitaliste, où flux de matières et d'hommes coulent le long d'un long fleuve tranquille tant que l'offre de ressources >= demande...mais pour combien de temps encore ?...

Passé l'égalité de cette équation, on se retrouve en effet dès la fin des années 70 progressivement en situations inverse et c'est là que le système économique ne peut plus fonctionner...le fleuve s'agite, les rouages grippes et la machine s'enraye au mieux, se casse au pire. Le rythme des cycles de vie économique s'accélère (délais d'étude, de production, de vente, de création et disparition, de turnover...). La financiarisation de l'économie et la course à la consommation deviennent les seules solutions pour "s'en sortir" poussant les entreprises quant à elles à la course à la performance.(2) Les employés doivent s'adapter tout en résistant. Car leur accompagnement dans l'entreprise ne suit pas, tout comme leur longévité en leur sein d'ailleurs.
Alors, que faire des ces employés qui désormais ne veulent plus partir ? comme vissés sur leur sièges ?...sachant qu'ils ne retrouveront pas d'emplois à rémunérations et/ou intérêts équivalents ?...que faire également des "bons" éléments qui se voient refuser une augmentation ou une promotion car les places au-dessus ne se libèrent pas au mieux ou ne se renouvellent plus au pire?...l'entreprise se sclérose de l'intérieur alors que le marché se rétrécit de l'extérieur...comment y fluidifier les rouages ?...Les années de recherches d'optimisations se poursuivent…faire plus avec moins…telle est la devise désormais dans l'entreprise.Telle une montgolfière peinant à s'élever, il faut l'alléger et ne garder que le minimum de ressources dans la nacelle tout en s'équipant d’outils techniques "modernes" pour la piloter.
Les DRH veillent sur le code du travail, gèrent les licenciements dus aux fusions, acquisitions, restructurations et leurs lots de contentieux induits. Ils sous-traitent le recrutement à des "spécialistes" n'ayant plus eux-mêmes le temps et leurs propres ressources pour faire leur travail premier : celui d'embaucher sereinement les entrants, de conserver les existants en les formant et d'accompagner respectueusement les sortants. Les DRH ne "dirigent" plus les ressources humaines, ils ne font qu'aiguiller les flux, contactent les cabinets de recrutement, leurs avocats et gèrent (en relation avec la comptabilité) les rémunérations qui se complexifient notamment avec les 35h…la gestion du plan de carrière des employés au sein de l'entreprise n'a plus de raison d'être car il n'y a plus de "plans", ni de "carrières", la "plan de carrière" a disparu de l'entreprise, sa visibilité à 3/6 mois y étant antinomique.
Il faut que "ça passe" ou "ça casse" pour que l'entreprise survive. Alors les tensions montent, les conflits se multiplient et les "indésirables" font la queue au pôle-emploi. Après tout, à l'état de les gérer, l'Economie n'en a que faire !…sauf peut-être l'économie solidaire qui pourra peut-être en récupérer quelques-uns…qu'ils se débrouillent donc...(3)
Si l'entreprise doit avant tout faire du profit pour vivre et ensuite embaucher pour produire sa valeur ajoutée, elle cherchera inexorablement dans cette période d'équation négative (offre inférieure à demande) à diminuer ses coûts de production pour "suivre" la concurrence...mais pendant combien de temps encore et pour aller où ?
Pour sa part, le temps des "trente laborieuses" (70/2000) touche en effet à sa fin aujourd'hui. Comme le disait en substance A. Einstein "Ce qui rend fou, c’est de faire plus et mieux de la même chose en en espérant des résultats différents". L'optimisation a ses limites et le mental des hommes également. Si les ressources s'adaptent pratiquement à toutes les situations, ce ne peut être à n'importe quel prix et en tout cas, pas sur une période de temps incompatible avec leur renouvellement. Les écosystèmes comme les individus sont bien là aussi logés à la même enseigne. De plus, comme le dit si bien René Dubos : "il y a des choses auxquelles il faut refuser de s'adapter..." (5)
Dix à vingt ans auront cependant été nécessaires pour que les premiers "signes extérieurs de tristesse" apparaissent au grand jour et que les psychologues du travail et scientifiques de l'environnement commencent à être entendus puis écoutés.
Car à force de considérer les ressources humaines et naturelles inépuisables et jetables, sans "coûts" réels, leurs externalités négatives prennent désormais des proportions et conséquences dramatiques. On le voit aujourd'hui sur les hommes comme sur les écosystèmes. Leur dégradation et leur épuisement sont similaires dans les deux cas.(6)
Car malgré leurs grandes capacités à résister, celles-ci finiront bien par s'épuiser, se dégrader au mieux, disparaître au pire (combien d'actifs et de pétrole à terme ?). En ce qui concerne les ressources humaines, elles deviendront sans doute passives, désengagées, démotivées et se spécialiseront dans les jurisprudences découlant du code du travail pour toucher leur chèque au prochain plan social. A ce rythme, il ne faudra pas s'étonner de notre faible compétitivité face aux pays que l'on disait sous-développés il n'y a pas encore si longtemps…que nous restera-t-il ?…alors qu'eux-mêmes s'engouffrent dans notre modèle de société ?
Les DRH comme les dirigeants n'ont pas vu venir ces nouvelles bombes à retardement…les signaux devaient sans doute être trop faibles et les spécialistes de ces questions inexistants au sein même de l'entreprise. Ils ne s'y sont pas préparés et aujourd'hui se voient désemparer face à ces nouveaux fléaux : le désengagement/dégradation au mieux et la rupture psychologique/disparition au pire. (7) Quoi de plus normal quand on sait que 80% des activités (pour ne pas dire "problèmes") relèvent, dans une entreprise, de "l'humain" et 20 à 80% (suivant l'activité) des matières premières ?...où étaient les x% de "spécialistes" de l'humain et des ressources naturelles dans l'entreprise et où sont-ils aujourd'hui ?...
Utopiste me direz-vous ?...certainement car je ne suis pas à ce point aveugle pour savoir que ce chemin sera long à prendre au mieux, voir impossible sans ruptures au pire. Car comme nous le dit Malarewicz (10), tout changement majeur au sein d'un système recherche inexorablement sa stabilité et donc son "non-changement" compte tenu de son homéostasie intrinsèque. Ainsi le changement serait "saltatoire"(exige des sauts). "...à une phase de non-changement succède une phase de changement qui prend, de manière plus ou moins dramatique, l'aspect d'une crise..." nous dit-il. Il nous rappelle également que la même logique existe au sein des ressources naturelles : que "l'évolution, selon de nombreux spécialistes, obéit à ce même type de logique..."
Mais nous pouvons être optimiste par certains côtés car des exemples vertueux existent et se multiplient à travers le monde. Ainsi l'entreprise Interface au USA pionnière dans son genre est un exemple aujourd'hui pour beaucoup d'autres. Outre la mobilisation globale de ses employés et de sa direction pour mettre en oeuvre une activité durable et relever le challenge du "Zero waste" sur le plan des ressources naturelles mais aussi sur le plan des ressources humaines, c'est d'une prise de conscience et d'engagement de son dirigeant : Ray Anderson dont il s'agit avant tout. La bonne nouvelle, c'est que cette "montagne surnaturelle" qu'il s'est donné de gravir, la montage "sustainability" dont il parle et dont ils ne sont qu'à la base aujourd'hui nous dit-il humblement, ce nouveau paradigme qu'ils réalisent pourtant aujourd'hui est parti d'une simple vision, d'une simple question à laquelle un seul homme à chercher à répondre en 1994. Cette question était "que faite vous, vous Interface pour l'environnement ?"...de là une nouvelle histoire a commencé, transformant cet homme comme son entreprise.(12)
Ne prétendant pas détenir la vérité et ne cherchant à aucun prix à imposer la mienne sachant les résultats dramatiques que cette posture à pu et a encore aujourd'hui sur notre humanité, je constate simplement cependant, que notre gestion de la nature comme de l'humain ne semble pas aller dans le bon sens et que ces ressources ne sont plus à leur "place". En effet, il me semble qu'il serait temps d'envisager de nouvelles relations de ces ressources avec notre environnement en général et son évolution . En cela le terme ressources serait à bannir car il ne fait que trop nous enfermer dans notre vision linéaire des choses. Nous devons renverser la vapeur et comprendre que cette linéarité est une impasse et que c'est de la circularité dont nous avons besoin. Si les ressources dont nous avons parlé sont à un moment donné des inputs, ce n'est que pour mieux être transformées en outputs au bout du compte par notre développement (éducatif, social, culturel, économique, psychologique, philosophique...)
Alors que de simples relations linéraires ne peuvent être qu'éphémères dans notre monde fini, les relations "cycliques" sont certes beaucoup plus complexe à mettre en oeuvre mais sont pour le coup perpétuelles. Je pense alors instincitvment et peut-être naïvement que nous aurions tout intérêt à regarder du coté de la nature pour s'inspirer de solutions (13). Comme le dit Philippe Jamet "...la nature n'en est pas, comme nous, à s'interroger sur le pourquoi et le comment du développement durable. Tandis que nous théorisons sur ce sujet, elle le pratique assidûment et depuis le fond des âges..." (14).
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Notamment : "...Les activités économiques qui détruisent l'environnement ou appauvrissent les ressources naturelles, ou encore ont un impact négatif sur la santé ou le bien -être des populations sont toutes comptés positivement dans le PNB..."
(2) C'est maintenant 3 ans pour sauver le monde - JM Jancovici & A Granjean
Mohamad Yunus : Vers un nouveau capitalisme et une conférence chez Google en 2008
(4) E. Julien à l'émission "La grande librairie" sur France 5 le 13/5/2010 - ( 4'40'' )
Kogis, Le réveil d'une civilisation précolombienne - E. Julien
(6) Natural Capitalism - Paul Hawken & Amory Lorins
Notamment p. 528 : "...on peut dire du capitalisme industriel qu'il élimine, sans leur donner de valeur, à la fois le capital naturel et la capital humain : il cherche les gains économiques à court terme par des voies qui sont nuisibles aux perspectives et aux objectifs humains à long terme..."
présentation du principe par W. Donough sur TED Utube
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dimanche 25 juillet 2010
La politesse...première des vertus morales?
Aéroport de Nice 20h le 22 juillet 2010-07-22
Je vois une jeune femme dans la file d’attente. Elle est au téléphone, celui-ci collé à son oreille. Les 2/3 des passagers en attente d’embarquement ont quant à eux, leur tête baissée, le regard fixé sur l'objet de tous les désirs, prolongement désormais naturel de nos mains et de nos pensées. Absorbés, ailleurs, ils tapotent. Leurs pouces font des mouvements tels des pinces de crabes s'agitant sur leurs proies. Je les regarde mais ils ne me voient pas, ne sentent pas ma présence et pourtant je suis là, à quelques mètres tout au plus. Mais eux, sont concentrés sur leurs écrans, ils tapent, lisent, sont bien "là" eux aussi… mais sans l’être réellement. Ils murmurent, grimacent, s’exclament parfois, partagent bien quelque chose certes… mais avec d’autres êtres invisibles…
Puis cette femme qui avance dans la file d’embarquement toujours en parlant son téléphone collé à l’oreille. Elle parle sans s’arrêter, avançant machinalement vers le guichet, portée par son corps, son esprit étant ailleurs. La voilà qui arrive devant l’hôtesse d'accueil. Sans quitter son téléphone de sa joue et poursuivant sa conversation, elle tend son billet... non, elle tend sa main tenant son billet plus exactement, toujours absorbée par sa conversation, elle ne regarde pas l’hôtesse…c’est l'hôtesse qui va chercher son billet dans sa main, le valide et le lui replace dans sa main. Toujours le regard ailleurs concentré sur un point fixe imaginaire lui permettant sans doute de « voir » son correspondant à l’autre bout du « sans fil », elle repart machinalement tout en continuant à parler ayant juste fait un point d’arrêt que son corps automate lui suggérait. L’hôtesse la regarde comme pour attendre un signe de « validation » mais rien ne vient. La femme tout en continuant à parler, sans la regarder passe son chemin sans l’avoir vue, sans une parole, un mot. Elle n’aura pas communiqué avec elle, pourtant bien présente, ne lui adressera pas un regard...elle parle avec quelqu’un d’autre…le rôle de cette hôtesse est réduit à une simple machine à « poinçonner », comme déshumanisée puisqu’elle ne représente rien d’humain vis-à-vis de cette femme.
Outre la politesse qui n’existe pas ici, nous sommes bien là en présence d’un mal nouveau et symptomatique de nos sociétés « modernes ». Ainsi, modifiant les repères, je peux donc décider d’adapter les règles de politesse selon le contexte…ainsi cette femme est polie avec son interlocuteur téléphonique mais pas avec cette hôtesse...D’ailleurs personne ne s’offusque de son comportement, il est devenu « normal »…si les règles de bienséance n’ont pas changées (bonjour, au revoir, merci,…) elles sont désormais fonction des circonstances...ainsi dire bonjour et merci est normal mais dans ce cadre cela devient superflu …puisque l’hôtesse n’existe pas …et qu’elle ne dira pas « vous êtes mal élevée Madame… » et que de plus, ce comportement apparaît "admissible" aux yeux de la majorité.
Ainsi les nouvelles technologies permettent de gagner du temps, elles sont au service de l’efficacité, du rendement et de l’optimisation de votre temps précieux car rare et donc cher…ici les téléphones portables nous permettent d’être en relation avec qui l’on veut où l’on veut, quand on veut…et donc de gagner du temps et ne plus en perdre notamment quand il s’agit de lever la tête, croiser un regard, écarter un instant son téléphone de son oreille, dire bonjour, faire un sourire, tendre la main et dire merci et au revoir…bref 10 secondes précieuses de votre vie pour le donner gratuitement à un "autre ", inconnu de surcroît, qui ne vous rapportera rien puisqu'il n'a pas de "valeur(s)" à nos yeux…
Fascinés par ces merveilleux objets technologiques, nous plongeons effrénés dans leur utilisations et technicités reines oubliant parfois que ni leur concepteurs, ni le législateur n’auront pensé pour nous tous les aspects de leur usage que ce soit sur le plan de la santé physique ou mentale et encore moins sur le plan social et relationnel…
Les exemples sont nombreux : téléphonie mobile mais aussi ordinateurs portables notamment pendant des séances d’amphi, casque sur les oreilles notamment chez les VIP du moment, jeux vidéo, télévision...
La politesse comme le dit André Comte Sponville dans son "petit traité des grandes vertus", si elle n’est pas une vertu n’en est pas moins le passage obligé pour y accéder notamment à la première d’entre elle : le respect. Car comment peut-on imaginer le respect de "fond" d’autrui sans y mettre un minimum de "formes" ?...ainsi négliger la politesse, ne peut faire que rendre le terrain fortement glissant pour développer toute vertu morale.
Serait-ce d’ailleurs par hasard si cette première vraie fausse vertu est enseignée par nos parents dès notre plus jeune âges bien avant de pouvoir enseigner les « vraies » vertus ?...que cherche-t-on vraiment à dire et à transmettre à nos enfants par le biais de la politesse, est-ce un but ultime recherché sans l'espoir sous-jacent de construire l' "être" à partir du "paraître" ?....cette même femme aurait-elle supporté la vue de son propre enfant ou adolescent tendant son billet à cette hôtesse sans même la regarder, telles ces fameuses poignées de mains où vous recherchez désespérément le regard de l'autre qui lui-même regarde ailleurs ?...désagréable non?...n'y aurait il pas là quelque chose de profondément choquant et dramatique ?...
Soyons attentif et lucide car l’homme a cette capacité fantastique, extraordinaire, hors du commun même de s’adapter à pratiquement tout, pour le meilleur parfois mais aussi pour le pire notamment quand il s'agit de s’adapter à sa propre déshumanisation.
Je vois une jeune femme dans la file d’attente. Elle est au téléphone, celui-ci collé à son oreille. Les 2/3 des passagers en attente d’embarquement ont quant à eux, leur tête baissée, le regard fixé sur l'objet de tous les désirs, prolongement désormais naturel de nos mains et de nos pensées. Absorbés, ailleurs, ils tapotent. Leurs pouces font des mouvements tels des pinces de crabes s'agitant sur leurs proies. Je les regarde mais ils ne me voient pas, ne sentent pas ma présence et pourtant je suis là, à quelques mètres tout au plus. Mais eux, sont concentrés sur leurs écrans, ils tapent, lisent, sont bien "là" eux aussi… mais sans l’être réellement. Ils murmurent, grimacent, s’exclament parfois, partagent bien quelque chose certes… mais avec d’autres êtres invisibles…
Puis cette femme qui avance dans la file d’embarquement toujours en parlant son téléphone collé à l’oreille. Elle parle sans s’arrêter, avançant machinalement vers le guichet, portée par son corps, son esprit étant ailleurs. La voilà qui arrive devant l’hôtesse d'accueil. Sans quitter son téléphone de sa joue et poursuivant sa conversation, elle tend son billet... non, elle tend sa main tenant son billet plus exactement, toujours absorbée par sa conversation, elle ne regarde pas l’hôtesse…c’est l'hôtesse qui va chercher son billet dans sa main, le valide et le lui replace dans sa main. Toujours le regard ailleurs concentré sur un point fixe imaginaire lui permettant sans doute de « voir » son correspondant à l’autre bout du « sans fil », elle repart machinalement tout en continuant à parler ayant juste fait un point d’arrêt que son corps automate lui suggérait. L’hôtesse la regarde comme pour attendre un signe de « validation » mais rien ne vient. La femme tout en continuant à parler, sans la regarder passe son chemin sans l’avoir vue, sans une parole, un mot. Elle n’aura pas communiqué avec elle, pourtant bien présente, ne lui adressera pas un regard...elle parle avec quelqu’un d’autre…le rôle de cette hôtesse est réduit à une simple machine à « poinçonner », comme déshumanisée puisqu’elle ne représente rien d’humain vis-à-vis de cette femme.
Outre la politesse qui n’existe pas ici, nous sommes bien là en présence d’un mal nouveau et symptomatique de nos sociétés « modernes ». Ainsi, modifiant les repères, je peux donc décider d’adapter les règles de politesse selon le contexte…ainsi cette femme est polie avec son interlocuteur téléphonique mais pas avec cette hôtesse...D’ailleurs personne ne s’offusque de son comportement, il est devenu « normal »…si les règles de bienséance n’ont pas changées (bonjour, au revoir, merci,…) elles sont désormais fonction des circonstances...ainsi dire bonjour et merci est normal mais dans ce cadre cela devient superflu …puisque l’hôtesse n’existe pas …et qu’elle ne dira pas « vous êtes mal élevée Madame… » et que de plus, ce comportement apparaît "admissible" aux yeux de la majorité.
Ainsi les nouvelles technologies permettent de gagner du temps, elles sont au service de l’efficacité, du rendement et de l’optimisation de votre temps précieux car rare et donc cher…ici les téléphones portables nous permettent d’être en relation avec qui l’on veut où l’on veut, quand on veut…et donc de gagner du temps et ne plus en perdre notamment quand il s’agit de lever la tête, croiser un regard, écarter un instant son téléphone de son oreille, dire bonjour, faire un sourire, tendre la main et dire merci et au revoir…bref 10 secondes précieuses de votre vie pour le donner gratuitement à un "autre ", inconnu de surcroît, qui ne vous rapportera rien puisqu'il n'a pas de "valeur(s)" à nos yeux…
Fascinés par ces merveilleux objets technologiques, nous plongeons effrénés dans leur utilisations et technicités reines oubliant parfois que ni leur concepteurs, ni le législateur n’auront pensé pour nous tous les aspects de leur usage que ce soit sur le plan de la santé physique ou mentale et encore moins sur le plan social et relationnel…
Les exemples sont nombreux : téléphonie mobile mais aussi ordinateurs portables notamment pendant des séances d’amphi, casque sur les oreilles notamment chez les VIP du moment, jeux vidéo, télévision...
La politesse comme le dit André Comte Sponville dans son "petit traité des grandes vertus", si elle n’est pas une vertu n’en est pas moins le passage obligé pour y accéder notamment à la première d’entre elle : le respect. Car comment peut-on imaginer le respect de "fond" d’autrui sans y mettre un minimum de "formes" ?...ainsi négliger la politesse, ne peut faire que rendre le terrain fortement glissant pour développer toute vertu morale.
Serait-ce d’ailleurs par hasard si cette première vraie fausse vertu est enseignée par nos parents dès notre plus jeune âges bien avant de pouvoir enseigner les « vraies » vertus ?...que cherche-t-on vraiment à dire et à transmettre à nos enfants par le biais de la politesse, est-ce un but ultime recherché sans l'espoir sous-jacent de construire l' "être" à partir du "paraître" ?....cette même femme aurait-elle supporté la vue de son propre enfant ou adolescent tendant son billet à cette hôtesse sans même la regarder, telles ces fameuses poignées de mains où vous recherchez désespérément le regard de l'autre qui lui-même regarde ailleurs ?...désagréable non?...n'y aurait il pas là quelque chose de profondément choquant et dramatique ?...
Soyons attentif et lucide car l’homme a cette capacité fantastique, extraordinaire, hors du commun même de s’adapter à pratiquement tout, pour le meilleur parfois mais aussi pour le pire notamment quand il s'agit de s’adapter à sa propre déshumanisation.
lundi 12 juillet 2010
Ne cherchez plus....
Nous cherchons tous des réponses à nos inlassables questions qui nous angoissent et nous taraudent comme notamment celles posées sur notre devenir...où serai-je demain ?...Quel job ?...Quel moyen de subsistance ?....En fait, celles qui relèvent de nos plus grandes peurs.
Beaucoup se les posent après avoir connu une remise en question suffisamment forte pour sortir la "tête du guidon" et prendre du recul sur leur vie.
Ceux toujours dans le "guidon" sont les mêmes...mais juste un peu avant...
Car nous n'échappons pas à une remise en cause un jour ou l'autre de notre vie, de notre moi. Notre époque est d'ailleurs propice à accélérer cette fréquence de remise en question. Seuls ceux qui à la fois ne se seraient pas volontairement retrouvés dans cette posture de questionnement et se croiraient à la fois à l'abri du besoin peuvent encore penser le contraire. Mais de quels besoins parlons-nous?....
Il est vrai que pour chaque niveau de besoin comme Maslow l'a montré en son temps, les motivations et quêtes de chacun seront différentes....avant sans doute de parler de sens, de questions philosophiques..., il faudra pour certain rechercher tout simplement de quoi se nourrir...mais il me semble qu'une fois les besoins primaires satisfaits (ce que les "droits de l'homme" de nos sociétés "évoluées" sont sensés garantir) les autres besoins, plus que de se superposer se mélangent...il me semble qu'il y a un point de rupture chez l'individu le faisant basculé de la conscience du rien à la conscience de soi et des autres très vite dans la foulée...
La prise de conscience de soi profonde va de pair avec celle des autres...elle nous montre très vite que je ne suis pas différent des autres en tant qu'espèce humaine, mais juste en valeurs morale, en qualité et en quantité de savoir, en savoir-être, en savoir-faire, etc. (laissons l'avoir et le pouvoir de côté). Et à bien y réfléchir on s'aperçoit vite à quel point nous sommes tous très différents sur ces acquis et en même très semblable sur notre nature . Nos différences, bien qu'essentielles à nos yeux, ne le sont pas à l'échelle de la race humaine et par voie de conséquence à l'échelle des valeurs des humanistes...ce qui nous amène à revenir aux fondements mêmes des droits de l'homme...sensés établir une loi universelle d'égalités entre eux.
Pour les septiques, une simple observation lucide et critique autour d'eux leur démontrera le contraire : Nul n'est à l'abri de quoi que ce soit. Car si notre patrimoine financier nous permet de nous rassurer pour un temps, nos relations de business d'avoir le sentiment d'être puissant, notre confort de vie d'occulter notre propre questionnement...rien de ces domaines du matériel ou de «l’amour de soi» réfléchis par les autres ne pourra combler la solitude de notre moi quand enfin on se retrouve seul, ne serait-ce pour quelques minutes pour se poser les questions sur soi...celles mêmes qu’on passe son temps à ignorer "grâce" à notre vie "bien remplie" ...
Là les quelques sentiments sur vous-même renvoyés par les autres se taisent, plus de proches pour vous dire qui vous êtes, ce que vous faites de votre vie. Les quelques "recommandations" faites par votre patron et vos relations en général soigneusement conservées dans votre mémoire ou votre vitrine sociale, vous renvoient à vous-même...seul juge de vos actes et pensées...
C'est questions bien que légitimes captent non seulement une bonne partie de notre temps, mais également d'énergie et de mal-être. De plus elles captent notre attention sur le "demain" nous faisant oublier et passer à côté du moment présent qui seul en réalité existe et constitue notre "vraie" vie.
Bien des êtres humains se posent chaque jour sur terre ces questions alors que d'autres se demandent tout simplement s'ils auront de quoi manger et dormir, car plus de 2 milliards d'individus ne savent pas en se levant le matin s'ils pourront nourrir simplement leur famille jusqu'au soir...
D'autres, bien que mieux lotis et plus haut perchés sur la pyramide (de Maslow par exemple), n'ont pas ce même souci...de court terme, ils l'ont tout autant sur une échelle à plus long terme, il ne s'agit juste que d'une question de "visibilité" et de moyens.
Car si les exigences ne sont pas de mêmes quantités et de qualités entre ces deux "autres", cela engendre, vous en conviendrez peut-être avec moi, des questions fondamentales communes et état d'angoisse et de recherche plus ou moins permanent chez l'homme : où je dois aller, quelle voie dois-je prendre, que dois-je faire pour être (enfin?) heureux, comment gérer cette situation, suis-je et serais-je à la hauteur, cela va-t-il me plaire, vais-je me tromper...bref, comment vivre pleinement une vie la plus heureuse possible ?
Je pense pour ma part qu'être heureux, ressentir cet état intérieur de bonheur, ce «gout de vivre» passera tout d'abord par l'évanouissement de nos peurs et en conséquence prendre à bras le corps et «vivre pleinement» le moment présent...quelqu’il soit. Car la peur dans un premier temps paralyse, la pensée comme l'acte, vous mine et vous épuise ensuite intérieurement (moralement comme physiquement) et enfin sera une très mauvaise compagne en générale et mauvaise conseillère en particulier.
Se connaître, c'est d'abord vouloir chercher à se connaître, car cela ne tombe pas du ciel un matin en vous réveillant. De même que vous devez "travailler" pour apprendre une langue étrangère ou toute autre chose, il faudra "travailler" sur vous -même cette fois pour espérer un jour mieux vous connaître sans jamais toutefois y parvenir totalement...et c'est tant mieux me direz-vous. Car si nous changeons rarement, nous évoluons sans cesse et donc notre connaissance de nous-mêmes ne peut qu'accompagner cette évolution sans jamais la précéder.
Beaucoup se les posent après avoir connu une remise en question suffisamment forte pour sortir la "tête du guidon" et prendre du recul sur leur vie.
Ceux toujours dans le "guidon" sont les mêmes...mais juste un peu avant...
Car nous n'échappons pas à une remise en cause un jour ou l'autre de notre vie, de notre moi. Notre époque est d'ailleurs propice à accélérer cette fréquence de remise en question. Seuls ceux qui à la fois ne se seraient pas volontairement retrouvés dans cette posture de questionnement et se croiraient à la fois à l'abri du besoin peuvent encore penser le contraire. Mais de quels besoins parlons-nous?....
Il est vrai que pour chaque niveau de besoin comme Maslow l'a montré en son temps, les motivations et quêtes de chacun seront différentes....avant sans doute de parler de sens, de questions philosophiques..., il faudra pour certain rechercher tout simplement de quoi se nourrir...mais il me semble qu'une fois les besoins primaires satisfaits (ce que les "droits de l'homme" de nos sociétés "évoluées" sont sensés garantir) les autres besoins, plus que de se superposer se mélangent...il me semble qu'il y a un point de rupture chez l'individu le faisant basculé de la conscience du rien à la conscience de soi et des autres très vite dans la foulée...
La prise de conscience de soi profonde va de pair avec celle des autres...elle nous montre très vite que je ne suis pas différent des autres en tant qu'espèce humaine, mais juste en valeurs morale, en qualité et en quantité de savoir, en savoir-être, en savoir-faire, etc. (laissons l'avoir et le pouvoir de côté). Et à bien y réfléchir on s'aperçoit vite à quel point nous sommes tous très différents sur ces acquis et en même très semblable sur notre nature . Nos différences, bien qu'essentielles à nos yeux, ne le sont pas à l'échelle de la race humaine et par voie de conséquence à l'échelle des valeurs des humanistes...ce qui nous amène à revenir aux fondements mêmes des droits de l'homme...sensés établir une loi universelle d'égalités entre eux.
Pour les septiques, une simple observation lucide et critique autour d'eux leur démontrera le contraire : Nul n'est à l'abri de quoi que ce soit. Car si notre patrimoine financier nous permet de nous rassurer pour un temps, nos relations de business d'avoir le sentiment d'être puissant, notre confort de vie d'occulter notre propre questionnement...rien de ces domaines du matériel ou de «l’amour de soi» réfléchis par les autres ne pourra combler la solitude de notre moi quand enfin on se retrouve seul, ne serait-ce pour quelques minutes pour se poser les questions sur soi...celles mêmes qu’on passe son temps à ignorer "grâce" à notre vie "bien remplie" ...
Là les quelques sentiments sur vous-même renvoyés par les autres se taisent, plus de proches pour vous dire qui vous êtes, ce que vous faites de votre vie. Les quelques "recommandations" faites par votre patron et vos relations en général soigneusement conservées dans votre mémoire ou votre vitrine sociale, vous renvoient à vous-même...seul juge de vos actes et pensées...
C'est questions bien que légitimes captent non seulement une bonne partie de notre temps, mais également d'énergie et de mal-être. De plus elles captent notre attention sur le "demain" nous faisant oublier et passer à côté du moment présent qui seul en réalité existe et constitue notre "vraie" vie.
Bien des êtres humains se posent chaque jour sur terre ces questions alors que d'autres se demandent tout simplement s'ils auront de quoi manger et dormir, car plus de 2 milliards d'individus ne savent pas en se levant le matin s'ils pourront nourrir simplement leur famille jusqu'au soir...
D'autres, bien que mieux lotis et plus haut perchés sur la pyramide (de Maslow par exemple), n'ont pas ce même souci...de court terme, ils l'ont tout autant sur une échelle à plus long terme, il ne s'agit juste que d'une question de "visibilité" et de moyens.
Car si les exigences ne sont pas de mêmes quantités et de qualités entre ces deux "autres", cela engendre, vous en conviendrez peut-être avec moi, des questions fondamentales communes et état d'angoisse et de recherche plus ou moins permanent chez l'homme : où je dois aller, quelle voie dois-je prendre, que dois-je faire pour être (enfin?) heureux, comment gérer cette situation, suis-je et serais-je à la hauteur, cela va-t-il me plaire, vais-je me tromper...bref, comment vivre pleinement une vie la plus heureuse possible ?
Je pense pour ma part qu'être heureux, ressentir cet état intérieur de bonheur, ce «gout de vivre» passera tout d'abord par l'évanouissement de nos peurs et en conséquence prendre à bras le corps et «vivre pleinement» le moment présent...quelqu’il soit. Car la peur dans un premier temps paralyse, la pensée comme l'acte, vous mine et vous épuise ensuite intérieurement (moralement comme physiquement) et enfin sera une très mauvaise compagne en générale et mauvaise conseillère en particulier.
Se connaître, c'est d'abord vouloir chercher à se connaître, car cela ne tombe pas du ciel un matin en vous réveillant. De même que vous devez "travailler" pour apprendre une langue étrangère ou toute autre chose, il faudra "travailler" sur vous -même cette fois pour espérer un jour mieux vous connaître sans jamais toutefois y parvenir totalement...et c'est tant mieux me direz-vous. Car si nous changeons rarement, nous évoluons sans cesse et donc notre connaissance de nous-mêmes ne peut qu'accompagner cette évolution sans jamais la précéder.
mercredi 16 juin 2010
Le partage : Du comment au pourquoi ?
La notion de partage est au cœur des principes du développement soutenable. Les NTIC accèlèrent, facilitent, optimisent le partages d'informations enre les individus dans leur sphère privé comme profesionnelle. ....cette notion d'apparence triviale, contient à elle seule l'une des raisons majeures à notre situation de crise actuelle tant économique, que sociale et environnementale. En cela, sa compréhension et pratique contiennent une des clés du succès d'un développement plus durable...
Résumé :
Nous ne pouvons que vivre avec "les autres" mais n'avons pas réellement appris à le faire. Or vivre ensemble, c'est partager . Si nous ne l'avons pas appris dès notre plus jeune âge, cette posture vis-à-vis des autres mais aussi de soi-même sera très difficile à s'approprier. En effet, cette prédisposition d'esprit n'est pas naturelle chez l'homme tout comme le changement d'ailleurs. Au delà des outils de partage que peut créer l'homme passionné de technique, (information, quotas, règles, lois, impôts...) le "vrai" partage lui, semble bien maigre dans nos sociétés dites modernes d'aujourd'hui. Sans valeurs monnayables, les motivations nobles et durables de ce partage bienveillant et désintéressé comme la fraternité et l'humanité sont délaissées. Celui-ci reste donc à construire au plus tôt car il se pourrait bien qu'il soit un passage obligé pour nous réconcilier et rendre pérenne notre humanité.
------------------------
Pour vivre durablement, un individu, une entreprise doit apprendre à vivre avec les autres...sans les autres points de salut ! Car si "l'enfer c'est les autres" par bien des cotés, c'est aussi notre paradis par bien d'autres. Nous ne pouvons tout simplement pas nous en passer qu'on le veuille ou non.
Partant de cette hypothèse simple (sans être une certitude car la certitude est le début de nombreux ennuis...), le constat est que notre environnement en général et les autres en particulier doivent être compris et rester à nos cotés, sans les rejeter. Pour vivre et construire ensemble durablement, il nous faut donc partager, échanger, dialoguer, écouter, composer avec ce qui nous entoure.
Ainsi amené, le partage pourrait s'apparenter à une vertu.
Mais à y regarder de près, le partage serait plutôt une conséquence logique de plusieurs vertus mises en œuvre. Ainsi pour ne citer que quelques-unes :
Partant de cette hypothèse simple (sans être une certitude car la certitude est le début de nombreux ennuis...), le constat est que notre environnement en général et les autres en particulier doivent être compris et rester à nos cotés, sans les rejeter. Pour vivre et construire ensemble durablement, il nous faut donc partager, échanger, dialoguer, écouter, composer avec ce qui nous entoure.
Ainsi amené, le partage pourrait s'apparenter à une vertu.
Mais à y regarder de près, le partage serait plutôt une conséquence logique de plusieurs vertus mises en œuvre. Ainsi pour ne citer que quelques-unes :
- La gratitude : en partageant, j'attends un « juste retour » de celui-ci qui reçoit car le partage ici n'est pas étudié en termes de dons.
- La tolérance : la tolérance me pousse à respecter l'opinion des autres et en cela à les partager
- La générosité : elle est une prédisposition au partage
- La compassion : elle peut être un moteur pour partager.
- Le courage : partager n'est pas un "don" naturel (il suffit de regarder les enfants). Aussi, le courage peut être nécessaire pour le passage à l'acte au-delà de la simple intention elle, plus "aisée".
- L'humilité : si le partage peut être imposé, avec force et violence parfois, l'humilité nous enseigne le doute, la sagesse favorisant le volontariat conscient plutôt que le passage en force.
- ...
On le perçoit donc, les vertus nous conduisent à l'engagement qui lui-même nous conduit au partage. Notion fondamental nécessaire mais non suffisante à notre salut (autre débat..cf. les conditions du succès d'un développement soutenable..)
Nous voilà donc face à cette notion, le partage, que l'on retrouve sous deux formes bien distinctes dans notre business as usual de tous les jours à savoir : d'un côté l'économie, l'entreprise en général et la finance en particulier et de l'autre cette notion sociale, d'économie solidaire, d'humaine et d'éthique de l'autre. Comment relier cette dernière notion vertueuse comme on vient de l'illustrer avec les notions du partage dans notre économie de marché ?
Commençons par regarder cette vidéo sur le partage...de documents !
On le voit les "vertus" pour le coup économiques et marchandes du partage sont nombreuses : ici gain de temps, d'espace mémoire, de ressources, donc de fiabilité, bref de performance, nous y voilà !...
D'un coté le gain de performances économiques pour "l'ordre" technique et scientifique que représentent l'entreprise et l'économie, de l'autre le gain de performance dans le développement personnel, humain, social d'un point de vue donc de l'épanouissement personnel et de bien-être de tous.
Ce que soutiennent les principes du sustainable development, c'est justement une approche globale, systémique des choses. Il ne doit pas (plus) y avoir d'un coté la recherche de performances économiques et de la l'autre la recherche de la "performance" sociale qui n'est autre que notre quête quotidienne du bonheur pour chacun. Car à cloisonner les recherches de performances par systèmes, on en oublie la complexité du système global. Et l'on oublie ce que la complexité nous enseigne : la somme des performances indépendamment développées, non concertées, non partagées ne sera jamais égale à la performance globale qu'une société dans sa globalité requiert pour durer.
On le voit, penser dans la durée notre vie personnelle, nos entreprises, nos états, nos sociétés...Bref notre humanité, c'est à la fois changer notre angle de vision mais également observer par de nouveaux prismes notre réalité de plus en plus complexe et donc de plus en plus dangereuse car non maîtrisée. C'est à la fois prendre du recul et de la hauteur, c'est donc trouver de nouvelles postures, de nouveaux comportements plus que de nouveaux outils face au réel dans notre vie de tous les jours...là est la difficulté et l'enjeu majeur de notre devenir. Si ces outils sont bien entendu nécessaires comme les outils de mesures, d'incitation, de contrôle (émissions de CO2, code éthique...) mais aussi de production (ENR, tri des déchets...) ils risquent fort de ne pas être suffisants. Car notre tendance "naturelle" va bien plus sur le plaisir de construire des outils que de s'interroger sur le pourquoi de ceux-ci et de la place des hommes au coeur de tout cela...l'outil au service de l'homme ou l'inverse ?
A fabriquer de nouveaux outils "techniques" quand bien même seraient-ils "verts" ou plus verts , nous risquons une fois de plus d'oublier les hommes qui se cachent derrière et qui eux n'ont toujours pas reçu d'outils pour apprendre à partager...
Si l'innovation technique et technologique de la "Green economy" comme de la "Knowledge economy" créera des richesses, des emplois et des biens de consommations nécessaires à notre développement, elle devra également s'accompagner d'innovations sur le plan humain pour que ce développement soit réellement celui des hommes et donc soit réellement pérenne. Ces innovations plus d'ordre mentales et comportementales relèvent plus pour le coup d'une "Green attitude" et d'un "Knowledge of human" c'est à dire de soi-même et des autres. Autre programme me direz-vous mais tellement passionnant et riche d'expériences à vivre...Espérons que ce "goût des autres" viendra alors peut-être de ce sursaut de quête de sens chez chacun d'entre nous. Quête en développement espérons-le, ne pouvant que développer notre sens du partage.
lundi 14 juin 2010
"Le temps, c'est de l'argent"
"Le temps, c'est de l'argent"..exemple par a+b :
cas d'école :
Je dois lire un ouvrage sur les techniques de managment avant mon prochain séminaire de ma société X. il s'agit d'un ouvrage conséquent de 245p du celèbre auteur Y, bien connu dans le milleu....Ce livre pourra difficilement se lire d'une traite comme un roman et donc nécessitera des lectures espacées pour en tirer tout son profit. il me reste 3 jours et je sais que je n'aurai pas le temps de le lire.
(le cas du déménagement de mon logement marche tout autant ! noté Cas bis)
Quelles solutions s'offrent à moi ?
Si l'on écarte celle effectivement de tenter de lire le livre (hors sujet ici), il me reste plusieurs pistes :
Cas 1 : Chercher un "résumé" sur internet, puis le lire et me l'approprier
Cas1b : rechecher une locatio de fourgon sur internet au moins cher et pour la date donné
Cas 2 : Interroger autour de moi pour connaitre quelqu'un dans les relations l'aurait lu et pourrait ainsi m'en faire un résumé au cours d'une discussion d'une petite heure minimum. Le cas écheant trouver un créneau (rapidement!) pour renconter la personne et enfin passer un heure avec elle pour m'approprier son contenu
Cas 2b : rameuter les bonnes âmes parmi mes relations pour m'aider dans mon labeur !
Cas 3 : touver un consultant en management disponible rapidement connaissant le sujet (plus que le livre de préférence), caler un rendez vous rapidement avec lui puis l'écouter (1h) et m'appropier son exposé
Cas 3b : trouver un professionnel
Dans les 3 cas de figure, bien qu'inférieur au temps estimé pour lire le livre/déménager (partons sur 6h) il me faut de toute façon, passer du temps pour explorer les pistes, excecuter l'action en découlant et intégrer cet enseignement.
Egalement,
Dans les 3 cas, la probabilité de conclure est différente suivant la piste donnée. Prenons une échelle de probabilité comprise entre 0 et 100
Ainsi on peut énoncer les couple (temps, probabilité d'occurence) suivant pour l'exploration de la piste en question
Cas 1 et 1b = (10 min; 2,5)
Cas 2 et 2b = (1h; 5)
Cas 3 et 3b = (2h; 90)
on constate que plus le temps est long plus la chance d'aboutir est grande..peut-on le généraliser ?...sans doute pas..à suivre
Par contre, on peut également ajouter un paramètre, passant ainsi du couple au triplet. Ce paramètre serait le coût bien entendu. Là encore penons une échelle de 0 à 100€ et plus où 100€ serait la référence égal au produit de votre propre coût horaire par le temps passé :
ainsi votre cout horaire (Ch) serait donné par : 100 = Chx6h (6h étant la moyenne du temps de lecture par vous-même du livre en question) ce qui donne ici Ch = 17€/h à environ. Partons comme hypothèse que vos amis sont au même taux horaire et que le consulant professionnel soit lui à 100€/h
on définira le Ci (coût immédiat) le produit = Ch x t
Ainsi Cas = (t; P; Ci) avec
Cas 1 & 1b= (0,6h ; 2,5 ; 17x1/6 = 2,8€)
Cas 2 & 2b = (1h; 5; 17x1 = 17€)
Cas 3 & 3b = (2h; 90; 100x2 = 200€)
Ici on constate (sans s'occuper des probabilités d'occurrence pour le moment) que, comme on pouvait s'y attendre, le cout de votre propre travail est inférieur à celui occasionné par le choix de vos amis et aussi intérieur au cout d'un tiers rémunéré..normal me direz vous c'est pourquoi on fait en général son démengament avec ses amis et on ne fait venir un consultant quand il est trop tard :).....mais !
Mais cela est sans tenir compte des probabilité d'occurrence. Ainsi si je pondère le coût par la probabilité cela donne :
Cr = coût réel = Ci (coût immédiat) / (P/100) soit :
Cas 1 : Cr1 = 2,8€ x 0,025 = 110€
Cas 2 : Cr2 = 17€ / .05 = 340€
Cas 3 : Cr3 = 200€ / 0,9 = 222€
sans chercher à travailler les valeurs des paramètres et variables..(c'est l'ordre de grandeur qui importe et le sens d'évolution) on constate que cette fois à chance égale, les couts différent sensiblement...
Conclusion : en travaillant les valeurs on s'apercevra que chercher à faire soit même ou entre amis n'ai pas beaucoup plus intéressant voir moins intéressant que de sous traiter par un professionnel...on sous-estimerait ainsi notre propre valeur...car notre temps n'est pas facilement évaluable en tant qu'individu sorti du contexte professionnel et que si l'on pense que son temps est gratuit, on se trompe formtement.
Vouloir faire en son déménagement avec ses amis...coute finalement bien plus cher qu'il ne semble et que son propre temps "libre" est finalement plus "précieux qu'il n'y parait !CQFD
cas d'école :
Je dois lire un ouvrage sur les techniques de managment avant mon prochain séminaire de ma société X. il s'agit d'un ouvrage conséquent de 245p du celèbre auteur Y, bien connu dans le milleu....Ce livre pourra difficilement se lire d'une traite comme un roman et donc nécessitera des lectures espacées pour en tirer tout son profit. il me reste 3 jours et je sais que je n'aurai pas le temps de le lire.
(le cas du déménagement de mon logement marche tout autant ! noté Cas bis)
Quelles solutions s'offrent à moi ?
Si l'on écarte celle effectivement de tenter de lire le livre (hors sujet ici), il me reste plusieurs pistes :
Cas 1 : Chercher un "résumé" sur internet, puis le lire et me l'approprier
Cas1b : rechecher une locatio de fourgon sur internet au moins cher et pour la date donné
Cas 2 : Interroger autour de moi pour connaitre quelqu'un dans les relations l'aurait lu et pourrait ainsi m'en faire un résumé au cours d'une discussion d'une petite heure minimum. Le cas écheant trouver un créneau (rapidement!) pour renconter la personne et enfin passer un heure avec elle pour m'approprier son contenu
Cas 2b : rameuter les bonnes âmes parmi mes relations pour m'aider dans mon labeur !
Cas 3 : touver un consultant en management disponible rapidement connaissant le sujet (plus que le livre de préférence), caler un rendez vous rapidement avec lui puis l'écouter (1h) et m'appropier son exposé
Cas 3b : trouver un professionnel
Dans les 3 cas de figure, bien qu'inférieur au temps estimé pour lire le livre/déménager (partons sur 6h) il me faut de toute façon, passer du temps pour explorer les pistes, excecuter l'action en découlant et intégrer cet enseignement.
Egalement,
Dans les 3 cas, la probabilité de conclure est différente suivant la piste donnée. Prenons une échelle de probabilité comprise entre 0 et 100
Ainsi on peut énoncer les couple (temps, probabilité d'occurence) suivant pour l'exploration de la piste en question
Cas 1 et 1b = (10 min; 2,5)
Cas 2 et 2b = (1h; 5)
Cas 3 et 3b = (2h; 90)
on constate que plus le temps est long plus la chance d'aboutir est grande..peut-on le généraliser ?...sans doute pas..à suivre
Par contre, on peut également ajouter un paramètre, passant ainsi du couple au triplet. Ce paramètre serait le coût bien entendu. Là encore penons une échelle de 0 à 100€ et plus où 100€ serait la référence égal au produit de votre propre coût horaire par le temps passé :
ainsi votre cout horaire (Ch) serait donné par : 100 = Chx6h (6h étant la moyenne du temps de lecture par vous-même du livre en question) ce qui donne ici Ch = 17€/h à environ. Partons comme hypothèse que vos amis sont au même taux horaire et que le consulant professionnel soit lui à 100€/h
on définira le Ci (coût immédiat) le produit = Ch x t
Ainsi Cas = (t; P; Ci) avec
Cas 1 & 1b= (0,6h ; 2,5 ; 17x1/6 = 2,8€)
Cas 2 & 2b = (1h; 5; 17x1 = 17€)
Cas 3 & 3b = (2h; 90; 100x2 = 200€)
Ici on constate (sans s'occuper des probabilités d'occurrence pour le moment) que, comme on pouvait s'y attendre, le cout de votre propre travail est inférieur à celui occasionné par le choix de vos amis et aussi intérieur au cout d'un tiers rémunéré..normal me direz vous c'est pourquoi on fait en général son démengament avec ses amis et on ne fait venir un consultant quand il est trop tard :).....mais !
Mais cela est sans tenir compte des probabilité d'occurrence. Ainsi si je pondère le coût par la probabilité cela donne :
Cr = coût réel = Ci (coût immédiat) / (P/100) soit :
Cas 1 : Cr1 = 2,8€ x 0,025 = 110€
Cas 2 : Cr2 = 17€ / .05 = 340€
Cas 3 : Cr3 = 200€ / 0,9 = 222€
sans chercher à travailler les valeurs des paramètres et variables..(c'est l'ordre de grandeur qui importe et le sens d'évolution) on constate que cette fois à chance égale, les couts différent sensiblement...
Conclusion : en travaillant les valeurs on s'apercevra que chercher à faire soit même ou entre amis n'ai pas beaucoup plus intéressant voir moins intéressant que de sous traiter par un professionnel...on sous-estimerait ainsi notre propre valeur...car notre temps n'est pas facilement évaluable en tant qu'individu sorti du contexte professionnel et que si l'on pense que son temps est gratuit, on se trompe formtement.
Vouloir faire en son déménagement avec ses amis...coute finalement bien plus cher qu'il ne semble et que son propre temps "libre" est finalement plus "précieux qu'il n'y parait !CQFD
vendredi 11 juin 2010
"Vous devez être le changement..."
"Vous devez être le changement que vous voulez voir en ce monde" - Gandhi
Que nous dit cette citation :
1- Pour que le changement "existe" il faut bien que quelqu'un commence !...or si chacun renvoie à "l'autre" de le faire ......bref, on l'aura compris, c'est à chacun de "changer" et ainsi les "autres chacun" en faisant de même, il y aura changement.
2 - Si l'on "négative" cette citation alors on peut en avoir la lecture suivante : Si vous ne voulez pas voir de changement dans le monde alors ne changer pas.
Cette 2eme lecture me parait plus intéressante en cela que pour la première tout le monde dit "oui, bien-sûr c'est évident !..." et bien souvent on s'arrête là !!. Comme dit Philippe Jamet dans son livre "La quatrième feuille" au sujet d'une autre maxime (la définition du développement durable dans le rapport Brundtland du nom de son auteur) mais tout aussi valable ici :
"Passé l'émerveillement d'avoir mis à jour une maxime qui semble résumer à elle seule le principe de nos sociétés, nous nous trouvons maintenant embarrassés. Car une maxime n'est pas un mode d'emploi. Elle ne possède ni amont, ni aval. Elle est un peu à la vie ce que la borne est la route. Si l'on s'assied dessus, on ne progresse pas d'un pouce sur le chemin"
Laissons donc là la première lecture (pour le moment) et penchons-nous sur la deuxième. Car si la majorité des gens sont pour le changement mais ne le pratiquent pas en actes, c'est que de fait ils s'inscrivent dans la deuxième proposition (sans vouloir le reconnaitre ou l'admettre...bien évidement !). Je suis convaincu qu'à bien échanger, en poussant la réflexion et le débat, beaucoup finalement viendraient à l'admettre...."oui bien entendu je suis pour que "çà" change mais vous comprendrez que moi je ne peux pas .....ne peux pas faire....parce que.......et puis "ils" n'ont qu'à changer "eux" d'abord....."
Si les gens veulent volontiers changer, on voit rapidement qu'il ne "peuvent" pas dans le sens ils n'y arrivent pas tout simplement (exemple les bonnes résolutions du 1er janvier...)
Or qu'est ce que le changement ?
Thème largement ressassé et tellement à mode qu'il doit provoquer des allergies à sa seule évocation (tout comme le développement durable d'ailleurs) Jacques-Antoine Malarewicz nous l'explique fort bien et simplement dans son livre "Systémique et entreprise"
à completer, finir et donc à suivre...
* (sur le changement, à développer)
* (sur le changement, à développer)
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